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L'anaphylaxie à l'école et dans
d'autres établissements et
services pour enfants
Introduction
Deux décès imputables à une réaction
allergique grave à l'arachide sont survenus en Ontario durant l'été
1994, ce qui a sensibilisé l'opinion publique aux dangers potentiels de
l'anaphylaxie.
L'anaphylaxie se définit par une multitude de
symptômes (Appendice 1) pouvant se manifester dans tout l'organisme. Les
réactions les plus graves sont les difficultés respiratoires et
l'effondrement de la tension artérielle ou choc anaphylactique; les
conséquences de telles réactions peuvent être fatales. Parmi les
allergies potentiellement mortelles, on distingue l'allergie alimentaire
et l'allergie aux piqûres d'insectes; certains médicaments, l'activité
physique et le latex peuvent, eux aussi, déclencher une réaction
allergique présentant un danger pour la vie.
Le risque estimé d'anaphylaxie dans la population est
de 1 à 2 % pour ce qui est des piqûres d'insectes et des aliments, avec
une prévalence moindre pour les médicaments et le latex (1). Environ 50
décès par anaphylaxie aux piqûres d'insectes et 100 décès reliés à
l'ingestion d'aliments sont déclarés chaque année aux États-Unis (2,
3).
Le premier principe et le plus important dans le
traitement d'une allergie particulièrement grave est d'éviter l'agent
causal. S'il y a contact avec l'allergène, une injection sous-cutanée ou
intramusculaire d'épinéphrine (adrénaline) est le traitement de choix
en cas d'anaphylaxie (1). Par la suite, les médecins pourront utiliser
d'autres médicaments, comme les antihistaminiques, les bronchodilatateurs
par inhalation ou les corticostéroïdes, mais ces derniers ne doivent en
aucun temps être considérés comme des médicaments de première ligne.
Il est essentiel de privilégier l'épinéphrine et de veiller à ce que
ce médicament puisse être utilisé sur-le-champ en cas d'urgence (4, 5).
À cet effet, des données démontrent clairement que les réactions
mortelles surviennent le plus souvent hors du milieu familial et qu'elles
sont associées à la non-utilisation ou, encore, à l'administration
tardive d'épinéphrine (3).
L'anaphylaxie est une affection rare, mais elle peut
être prévenue et traitée. Le présent document a été conçu par la
Société canadienne d'Allergie et d'Immunologie Clinique, de concert avec
les associations provinciales ainsi que les organismes oeuvrant dans le
domaine des allergies. Destiné au grand public, il contient des
renseignements utiles sur la conduite à tenir face à l'anaphylaxie. Il
s'agit d'un document de travail qui pourra être modifié au gré de
l'avancement de la recherche.
Identification du problème
Le diagnostic d'une allergie avec réactions anaphylactiques
potentielles repose d'abord sur l'histoire de cas; il est ensuite
confirmé par des tests cutanés ou sanguins appropriés effectués par
des spécialistes en allergologie. C'est alors que les protocoles de
traitement pourront être prescrits par les médecins pour utilisation
dans les écoles.
À ce chapitre, les écoles devraient prévoir un
système permettant d'identifier les enfants souffrant d'allergies graves
et ce, dans le but de prévenir des réactions anaphylactiques.
Par ailleurs, le personnel à qui un enfant allergique
est confié doit être informé de la nature et de la gravité de
l'affection ainsi que du traitement approprié, le cas échéant. Cette
information devrait être passée en revue avant la rentrée scolaire et
avant chaque activité spéciale (excursion pédagogique, activité de
plein air). Toute question et toute modification possible au traitement
devraient alors être considérées.
Tous les enseignants doivent être au courant des cas
des élèves qui pourraient éventuellement avoir besoin d'un traitement
d'épinéphrine. Il serait donc opportun de prévoir une fiche
d'identification, portant le nom et une photographie de l'enfant,
l'allergie spécifique dont il souffre (arachide, piqûres d'abeilles,
etc.), les symptômes d'une réaction allergique et le traitement
d'urgence. Ces renseignements devraient être facilement accessibles et
revus régulièrement par toutes les personnes concernées.
Chaque enfant allergique devrait toujours avoir à
portée de la main un dispositif pour l'auto-injection d'épinéphrine
identifié à son nom et sur lequel figure la date de péremption. De
plus, chacun devrait porter un bracelet ou un pendentif Medic Alert (une
insigne dans le cas d'un tout-petit), identifiant clairement son allergie.
Mesures de prévention
Éviter toute exposition avec l'allergène demeure la mesure la plus
efficace pour prévenir l'anaphylaxie.
Éviter l'aliment déclencheur
Les aliments qui provoquent le plus souvent des réactions allergiques
sont : le lait, le soya, l'oeuf, le blé, les poissons, les crustacés,
l'arachide et les noix. Les réactions à l'arachide, aux noix et aux
crustacés ont tendance à persister toute la vie et sont habituellement
plus graves que les réactions allergiques aux autres aliments. Quoi qu'il
en soit, la plupart des enfants allergiques au lait, au soya, à l'oeuf et
au blé auront déjà perdu leur sensibilité au moment où ils entreront
au primaire ou au secondaire (6). Il y en aura toujours, cependant, chez
qui le risque d'anaphylaxie persistera.
Il est quasi impossible d'éviter de façon absolue tous
les aliments allergéniques car ces derniers peuvent être cachés ou
introduits par inadvertance dans les préparations. Il est néanmoins
possible, en milieu scolaire, de réduire l'exposition à ce genre de
produits d'un enfant qui y est allergique.
Lorsqu'il est question d'allergies alimentaires, des
connaissances adéquates et une surveillance attentive sont également
primordiales. Voici donc quelques recommandations qui devraient être
transmises aux enfants à ce sujet :
- la nourriture, les ustensiles et les récipients ne
devraient jamais être échangés ni partagés;
- tous les enfants souffrant d'une allergie alimentaire
ne devraient consommer que les mets et en-cas préparés à la maison;
- le lavage des mains est recommandé avant et après
avoir mangé;
- les surfaces planes, telles les tables, de même que
les jouets devraient être nettoyés soigneusement afin d'éliminer
tout résidu d'aliments nocifs;
- l'utilisation de certains aliments devrait être
restreinte dans les classes d'arts appliqués lorsque certains
élèves présentent des allergies.
Il est important de souligner que, même en très faible
quantité, l'ingestion de certains produits, comme l'arachide, peut être
fatale (7). Ainsi, plusieurs enfants ont eu des éruptions cutanées et
des malaises digestifs au simple contact avec des particules de beurre
d'arachide sur des tables mal nettoyées (7).
Quoi qu'il en soit, le risque potentiel de réactions
allergiques mortelles à des particules alimentaires en suspension, telles
l'arachide ou les crustacés, demeure assez faible, bien que cela reste à
confirmer. Aussi serait-il malvenu, à ce stade-ci, de recommander que ces
aliments soient interdits du fait qu'ils pourraient présenter un risque
de réactions allergiques dues à l'inhalation.
On devrait fournir une description complète des
ingrédients contenus dans les aliments servis dans les cafétérias
d'école ou lors d'activités spéciales. Il est donc important de bien
renseigner le personnel cuisinier sur le sens de certains termes
spécifiques tels que : caséine, livetine et protéines végétales
hydrolysées, qui indiquent, respectivement, la présence de lait, d'oeuf
et d'arachide. Des renseignements sur ces produits sont disponibles
auprès des associations d'information nationale et provinciales sur
l'allergie (Appendice 3 &endash; Liste des ressources).
En outre, le personnel cuisiner devrait être renseigné
sur les mesures à prendre afin de prévenir toute contamination au cours
de la manipulation, de la préparation et du service des aliments.
Éviter l'arachide
L'allergie à l'arachide requiert des mesures plus énergiques car elle
constitue l'une des allergies alimentaires les plus courantes et est la
principale cause de l'anaphylaxie (8).
L'exposition à l'arachide est fort commune en Amérique
du Nord. Selon les statistiques, en effet, environ 5 milliards de livres
d'arachide ont été consommées aux États-Unis en 1991, ce qui
correspond à 7 livres par habitant annuellement (9). Les chiffres sont
sensiblement les mêmes pour le Canada.
Les réactions allergiques à l'arachide sont souvent
plus graves que les manifestations causées, entre autres, par le lait et
l'oeuf. Or, on peut trouver de l'arachide dans un nombre infini de mets.
Par ailleurs, une étude rapporte que 50 % des enfants qui sont
allergiques à l'arachide en ont ingéré par inadvertance au cours de la
première année de suivi (10).
Étant donné la nature de cette allergie, les mesures
suivantes sont recommandées afin de réduire l'exposition à l'arachide
dans les écoles :
- Parce que l'ingestion accidentelle est pratiquement
inévitable, les arachides, le beurre d'arachide et tout autre aliment
contenant de l'arachide devraient être interdits dans les garderies,
les prématernelles, les maternelles et les écoles primaires qui
comptent parmi leur clientèle des enfants qui y sont allergiques.
Sans pourtant éliminer les accidents, cette mesure pourrait certes
contribuer à les réduire.
- Bien que souhaitable, toute initiative visant
l'exclusion pure et simple des aliments allergéniques est
pratiquement impossible à envisager dans les classes plus avancées
du primaire et dans les écoles secondaires. Rien n'empêche,
cependant, d'interdire les aliments à base d'arachide dans les
cafétérias et cantines lorsque certains enfants y sont allergiques.
Cette interdiction pourrait également s'appliquer dans les classes,
le cas échéant. À ce chapitre, il serait important de sensibiliser
le public en général aux dangers que représente une allergie à
l'arachide et de faire appel à la collaboration de chacun afin de
restreindre l'usage de l'arachide à l'école.
- Tous les enseignants, les employés et les élèves
devraient recevoir une formation de base sur les allergies
alimentaires et, en particulier, les allergies à l'arachide et aux
noix, formation qui devrait être incluse dans les cours de secourisme
qui leur sont dispensés.
- La nourriture servie dans les écoles et les
garderies durant les pauses et les activités spéciales, entre autres,
ne devrait jamais contenir de l'arachide ni aucune autre noix s'il y a
présence d'enfants allergiques.
Éviter les insectes
Il est évidemment difficile d'éviter tout contact avec les insectes,
mais certaines preecautions peuvent être prévues, à savoir :
- l'élimination des nids d'insectes sur les terrains
et à proximité de l'établissement;
- le remisage des déchets dans des poubelles
hermétiques;
- l'interdiction de consommer des aliments ailleurs
qu'à l'intérieur de l'établissement.
Autres allergies:
Les réactions allergiques dues aux médicaments, à l'activité
physique et au latex sont rares en milieu scolaire. Les recommandations
les concernant devront donc être adaptées selon les besoins individuels.
Plan d'action:
Malgré toutes les précautions mises en place, l'ingestion accidentelle
d'un aliment pouvant provoquer une allergie peut survenir en tout temps.
Aussi faut-il que la médication soit disponible sur-le-champ. Tout
protocole de traitement doit être prescrit par un médecin.
L'ÉPINÉPHRINE est le seul médicament qui devrait
être utilisé dans le traitement d'urgence d'un enfant ayant une
réaction allergique qui peut lui être fatale. L'épinéphrine est
disponible dans différents formats prêts à utiliser (Appendice 2).
Parmi ceux-là, nous recommandons l'auto-injecteur d'épinéphrine en
raison de sa simplicité d'utilisation.
L'épinéphrine doit être rangée dans un endroit
facilement accessible; on s'abstiendra donc de la mettre sous clé dans
des armoires ou des tiroirs. Il importe que tous les membres du personnel
sachent où elle se trouve. Par ailleurs, on confiera à l'enfant en âge
de comprendre quand et comment utiliser le matériel nécessaire pour
pratiquer l'auto-injection d'épinéphrine. Quant aux plus jeunes, le
matériel d'urgence qui leur est destiné devrait être gardé dans la
salle de classe. Enfin, on devrait maintenir une réserve d'épinéphrine
dans d'autres locaux, entre autres, dans les gymnases, les salles de
réunion, la cafétéria, les cours de récréation et les autobus
scolaires.
Tout enfant allergique, qu'il sache ou non comment
pratiquer lui-même une injection d'épinéphrine, peut nécessiter
l'intervention d'une autre personne advenant une réaction grave. Dans ce
cas, la supervision d'un adulte s'impose.
Toute personne qui a charge d'enfants devrait être en
mesure d'appliquer les techniques de premiers soins et de réanimation et
avoir reçu une formation adéquate sur la façon d'utiliser un auto-injecteur
d'épinéphrine. Il y aurait donc lieu d'établir des lignes de conduite
spécifiques au traitement de l'anaphylaxie.
À ce chapitre, des cours de formation pourraient être
dispensés par les unités de santé publique ou encore par les
associations médicales afin que tout le personnel scolaire ainsi que tous
les employés des autres services aux enfants (conducteurs d'autobus
scolaire, entraîneurs, moniteurs, sauveteurs et ambulanciers) connaissent
bien ces techniques.
Une trousse pédagogique est disponible auprès du
projet Anaphylaxie de l'Association d'information sur l'allergie et
l'asthme (Appendice 3 &endash; Liste des ressources). Y sont inclus
deux formulaires que l'on s'empressera de compléter : il s'agit, d'une
part, d'un document que les parents devront signer par lequel ils
autoriseront l'école à administrer l'épinéphrine en cas d'urgence et,
d'autre part, du protocole de traitement Emergency Allergy Alert (voir les
rubriques Plan d'action et Recommandations générales).
Par ailleurs, le réseau américain Food Allergy Network
vient tout juste de produire une trousse pédagogique ainsi qu'un film
vidéo à l'intention des écoles sur le soin des enfants souffrant
d'allergies alimentaires et d'anaphylaxie (Appendice 3 &endash; Liste
des ressources).
La crainte des poursuites peut faire obstacle à l'usage
de l'épinéphrine dans le traitement de réactions allergiques graves.
Aussi faut-il rappeler que la loi protège quiconque prête assistance à
une personne dont la vie est en danger, pourvu que l'intervention soit
raisonnable et appropriée. Or, l'épinéphrine administrée selon les
indications contenues dans le présent document est aujourd'hui reconnue
comme étant un traitement approprié en cas d'anaphylaxie.
Compte tenu de ce qui précède, on devrait conseiller
aux parents de ne jamais signer une décharge par laquelle ils
libéreraient l'école de toute responsabilité si jamais l'épinéphrine
n'était pas administrée.
Un avant-projet de déclaration portant sur la conduite
à tenir vis-à-vis de l'épinéphrine a été présenté par la section
des allergies de la Société canadienne de pédiatrie; il vient s'ajouter
au nombre de documents existants en la matière (11).
Utilisation de l'épinéphrine
Il n'y a aucune contre-indication à l'utilisation de l'épinéphrine
en cas de réaction allergique potentiellement fatale. L'épinéphrine
doit être administrée rapidement, soit dès les premiers signes d'une
réaction allergique grave. Or, les symptômes ne se manifesteront pas
toujours chez les personnes nécessitant de l'épinéphrine. En effet, les
rapports médicaux montrent que des crises graves peuvent survenir sans
avertissement (12).
C'est pourquoi il est recommandé d'administrer
l'épinéphrine dès la moindre réaction à la suite d'un contact réel
ou présumé avec l'allergène. Si le patient a des antécédents connus
de collapsus cardio-vasculaire grave dû à une allergie, le médecin peut
préconiser l'administration d'épinéphrine dans les minutes qui suivent
une piqûre d'insecte ou l'ingestion de l'aliment incriminé, avant même
qu'une réaction ne se manifeste.
TOUTE personne ayant reçu de l'épinéphrine doit être
hospitalisée d'urgence. Dans la majorité des cas, l'épinéphrine
s'avère efficace après une seule injection. Cependant, un traitement
d'appoint peut être nécessaire, d'où l'importance d'une surveillance
médicale en milieu hospitalier.
Une réserve d'épinéphrine doit être à portée de la
main durant le transport à l'hôpital et le médicament peut être
administré toutes les 15 à 20 minutes (7). Mais cette dernière
indication s'applique seulement à une réaction allergique non
maîtrisée, soit en cas de gêne respiratoire importante ou de perte de
conscience. Par ailleurs, si l'on doit administrer plusieurs doses
d'épinéphrine, il faudra y associer d'autres médicaments d'urgence.
Aussi est-il important, lorsqu'on planifie une excursion pédagogique ou
une activité de plein air, de s'assurer qu'un hôpital soit accessible à
moins d'une heure de route ou que l'on puisse rejoindre aisément la
police, les pompiers ou un service ambulancier.
Malgré un traitement initial adéquat d'une réaction
anaphylactique, il y a eu rechute dans certains cas ayant pu survenir
jusqu'à 8 heures après la première manifestation et ce, sans nouveau
contact avec l'allergène responsable (13). C'est pourquoi il est
fortement recommandé de garder les patients ayant une réaction moins
marquée sous surveillance médicale pendant 4 heures.
Références:
- AAAI Board of Directors Position Statement: J Allergy
Clin Immunol. 1994; 94: 666-668.
- Bock SA. The incidence of severe adverse reactions to
food in Colorado. J Allergy Clin Immunol. 1992; 90: 683-685.
- Sampson HA. Mendelson L, Rosen JP. Fatal and near
fatal reactions to food in children and adolescents. N Engl J Med
1992; 327: 380-384.
- Valentine MD. Emergency treatment for insect stings.
Ann Inter Med 1979; 90: 119-120.
- Yunginger JW, Sweeney KG, Sturner WQ, et al. Fatal
food-induced anaphylaxis. JAMA 1988; 260: 1450-1452.
- Bock SA. The natural history of food sensitivity. J
Allergy Clin Immunol 1982; 69(2): 173-177.
- Sampson HA. Peanut Anaphylaxis. J Allergy Clin
Immunol1990; 86:1-3.
- Settipane G. Anaphylactic Deaths in Asthmatic
Patients. Allergy Proceedings 1989; 10: 271-274.
- Sampson HA. Food allergy and the role of
immunotherapy. J Allergy Clin Immunol 1992; 90: 151-152.
- Bock SA, Atkins FM. The natural history of peanut
allergy. J Allergy Clin Immunol 1989; 83: 900-904.
- Société canadienne de pédiatrie, Division
d'allergie. Fatal anaphylactic reactions to food in children. 1994;
150(3): 337-339.
- Barnard JH. Studies of 400 Hymenoptera sting deaths
in the United States. J Allergy Clin Immunol. 1973; 52: 259-264.
- Stark BJ, Sullivan T. Biphasic and protracted
anaphylaxis. J Allergy Clin Immunol 1986; 78: 76-82.
Appendice 1
SYMPTÔMES ET SIGNES LES PLUS FRÉQUENTS D'UNE
RÉACTION ALLERGIQUE
Il peut s'agir d'une combinaison de
l'une ou l'autre des manifestations suivantes :
- Urticaire
- Démangeaisons (sur n'importe quelle partie du corps)
- Enflures (de n'importe quelle partie du corps)
- Larmoiement
- Écoulement nasal
- Vomissements
- Diarrhée
- Douleurs abdominales
- Altération de la voix
- Toux
- Sifflements (wheezing)
- Serrement de la gorge
- Difficulté à avaler
- Difficultés respiratoires
- Étourdissements
- Évanouissement ou perte de conscience
- Coloration bleue de la peau (cyanose)
Appendice 2
L'épinéphrine est disponible en seringue prête à utiliser (Ana-Kit;
Hollister Stier, Etobicoke, Ont.) ou sous forme d'auto-injecteur (EpiPen;
Allerex Laboratory Ltd., Kanata, Ont.).
EpiPen est disponible en deux formats : EpiPen Jr et
EpiPen. EpiPen Jr contient 2,0 ml d'épinéphrine diluée à 1:2 000. La
dose administrée est de 0,3 ml contenant 0,15 mg d'épinéphrine. Ce
format a été conçu pour les enfants dont le poids est de 15 kg (33 lb)
ou moins. EpiPen contient quant à lui 2,0 ml d'épinéphrine diluée à
1:1 000. La dose administrée est de 0,3 ml contenant 0,3 mg
d'épinéphrine. Ce format est destiné aux personnes dont le poids est de
plus de 15 kg (33 lb).
Une brochure intitulée For all allergic emergencies et
portant sur la manutention et l'utilisation de l'auto-injecteur
d'épinéphrine est disponible auprès de Allerex Lab Ltd., 580 Terry Fox
Drive, Suite 408, Kanata, Ontario K2L 4B9; tél. : (613) 592-8200. Toute
personne susceptible d'utiliser l'un ou l'autre des dispositifs doit en
avoir pris connaissance. Un dispositif de formation est également
disponible auprès de la société Allerex afin que l'on puisse évaluer
la force de pression nécessaire pour activer le mécanisme de
déclenchement de l'auto-injecteur.
Conduite à tenir vis-à-vis des enfants souffrant
d'une allergie potentiellement fatale:
RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES
- Les recommandations suivantes s'adressent à toutes
les personnes qui ont charge d'enfants (écoles, garderies, colonies
de vacances, conducteurs d'autobus scolaire, etc.).
- Les fiches d'information et d'identification (photographies,
allergènes à éviter, plan d'action) devraient être facilement
accessibles. À cet effet, des formulaires ont été inclus dans la
trousse du parent qui est disponible auprès du projet Anaphylaxie de
l'Association d'information sur l'allergie et l'asthme.
- Les parents devraient signer une autorisation écrite
afin de permettre à l'école d'utiliser l'épinéphrine si
nécessaire.
- On devrait conseiller aux parents de ne jamais signer
une décharge par laquelle ils libéreraient l'Ecole de toute
responsabilité si jamais l'épinéphrine n'était pas administrée.
- Chaque enfant à qui l'auto-injecteur EpiPen a été
prescrit devrait en avoir un identifié à son nom et rangé dans un
endroit facilement accessible.
- Les enfants en âge de comprendre comment utiliser
l'auto-injecteur EpiPen devraient toujours avoir le dispositif à
portée de la main.
- En raison de la gravité potentielle des réactions
allergiques, la responsabilité d'administrer l'épinéphrine ne
devrait pas reposer uniquement sur l'enfant. Ce dernier doit pouvoir
compter sur l'assistance d'un enseignant ou d'une autre personne.
- Tous les enseignants et les autres personnes ayant
charge d'enfants devraient être au courant des cas de ceux qui
souffrent d'une allergie pouvant conduire à une anaphylaxie. Par
ailleurs, ces enfants devraient porter une plaque d'identité sur
laquelle serait précisée la nature de l'allergie dont il souffre
(bracelet Medic Alert).
- Le personnel scolaire et les élèves devraient
recevoir une formation appropriée afin de comprendre ce qu'est
l'anaphylaxie et de savoir comment la traiter.
- L'école devrait veiller à ce que les trousses de
premiers soins soient facilement accessibles et s'assurer qu'elles
contiennent toutes des auto-injecteurs d'épinéphrine. Ces trousses
devraient être à portée de la main dans des endroits spécifiques
tels que les cafétérias, les gymnases et les cours de récréation.
- Dans les classes d'hygiène, on devrait enseigner
comment reconnaître les symptômes d'une réaction allergique grave
et ce qu'il faut faire lorsqu'ils se manifestent.
Conduite à tenir vis-à-vis de certains allergènes
spécifiques:
À l'école, ce sont les allergies aux piqûres d'insectes et à
l'arachide qui sont les causes les plus fréquentes d'anaphylaxie.
Allergies aux piqûres d'insectes et à l'arachide:
1. Prévention
Allergie aux piqûres d'insectes:
- L'école devrait inspecter les lieux
régulièrement afin d'éliminer tout nid d'insectes piqueurs qui
pourrait s'y trouver.
- Les déchets devraient être déposés dans des
poubelles hermétiques.
Allergie à l'arachide:
- Parce que l'ingestion accidentelle est pratiquement
inévitable, les arachides, le beurre d'arachide et tout aliment
contenant de l'arachide devraient être interdits dans les garderies,
les maternelles et les écoles primaires qui comptent parmi leur
clientèle des enfants qui y sont allergiques. Sans pourtant éliminer
les accidents, cette mesure pourrait certes contribuer à les réduire.
- Bien que souhaitable, toute initiative visant
l'exclusion pure et simple des aliments allergéniques est
pratiquement impossible à envisager dans les classes plus avancées
du primaire ainsi que dans les écoles secondaires et les polyvalentes.
Rien n'empêche, cependant, d'interdire les aliments à base
d'arachide dans les cafétérias et cantines lorsque certains élèves
y sont allergiques. Cette interdiction pourrait également
s'appliquer dans les classes, le cas échéant. À ce chapitre, il
serait important de sensibiliser le public en général aux dangers
que représente une allergie à l'arachide et de faire appel à la
collaboration de chacun afin de restreindre l'usage de l'arachide dans
les écoles.
- Tous les enseignants, les employés et les élèves
devraient une formation de base sur les allergies alimentaires et, en
particulier, les allergies à l'arachide et aux noix, formation qui
devrait être incluse dans les cours de secourisme qui leur sont
dispensés.
- La nourriture servie dans les écoles et les
garderies durant les pauses et les activités spéciales, entre autres,
ne devrait en aucun temps contenir de l'arachide ni aucune autre noix
s'il y a présence d'enfants allergiques.
2. Contact réel ou présumé avec l'allergène
L'enfant devrait être placé sous surveillance médicale durant les
quatre heures qui suivent une piqûre d'insecte ou l'ingestion de
l'allergène incriminé. Si l'un ou l'autre des symtômes énumérés ci-après
se manifeste chez l'enfant, il faut aussitôt lui administer une dose
d'épinéphrine et le conduire à l'hôpital immédiatement. S'il n'y
aucune réaction grave dans les quatre heures, il est peu probable qu'elle
se manifestera plus tard.
- Urticaire
- Démangeaisons (sur n'importe quelle partie du corps)
- Enflures (de n'importe quelle partie du corps)
- Larmoiement
- Écoulement nasal
- Vomissements
- Diarrhée
- Douleurs abdominales
- Altération de la voix
- Toux
- Wheezing
- Sifflements (wheezing)
- Serrement de la gorge
- Difficulté à avaler
- Difficultés respiratoires
- Étourdissements
- Évanouissement ou perte de conscience
- Coloration bleue de la peau (cyanose)
Une réserve d'épinéphrine doit être à portée de la
main durant le transport à l'hôpital et le médicament peut être
administré toutes les 15 à 20 minutes (7). Mais cette dernière
indication s'applique seulement à une réaction allergique non
maîtrisée, soit en cas de gêne respiratoire importante ou de perte de
conscience. Par ailleurs, si l'on doit administrer plusieures doses
d'épinéphrine, il faudra y associer d'autres médicaments d'urgence.
Aussi est-il important, lorsqu'on planifie une sortie pédagogique ou une
activité de plein air, de s'assurer qu'un hôpital soit accessible à
moins d'une heure de route ou que l'on puisse rejoindre aisément la
police, les pompiers ou un service ambulancier.
REMARQUES:
- Les antihistaminiques ne sont pas recommandés à ce
stade-ci. Ils seront utilisés avec d'autres médicaments contre
l'anaphylaxie lorsque l'enfant sera sous surveillance médicale.
- Si l'enfant a déjà eu une réaction grave due à
l'allergie, le médecin peut préconiser l'administration
d'épinéphrine dans les minutes qui suivent la piqûre d'insecte ou
l'ingestion de l'aliment incriminé &endash; même si elle n'est
que soupçonnée &endash; et avant même qu'une réaction ne se
manifeste.
Autres allergies potentiellement fatales
En plus des allergies aux piqûres d'insectes et à l'arachide,
certains enfants d'âge scolaire peuvent être sensibles à plusieurs
autres allergènes. Dans tous les cas, le diagnostic doit être établi
par un spécialiste en allergologie.
Les mesures préventives à adopter sont sensiblement
les mêmes que celles qui s'appliquent aux allergies aux piqûres
d'insectes et à l'arachide. Chaque enfant allergique nécessite des soins
particuliers qui devraient être précisés conjointement avec les
parents, l'allergologue et l'école.
Appendice 3
| Liste des ressources: |
Association d'information sur
l'allergie et l'asthme
30, av. Eglinton ouest
Bureau 750
Mississauga, Ontario L5R 3E7
Téléphone : (905) 712-2242
Télécopieur : (905) 712-2245 |
AAIA B.C./Yukon
1212, West Broadway
Bureau 303
Vancouver, Colombie-Britannique
V6H 3V1
Téléphone : (604) 731-9884
Télécopieur : (604) 730-1015 |
AAIA Prairies/NWT
16531, 114e rue
Edmonton, Alberta T5X 3V6
Téléphone : (403) 456-6651
Télécopieur : (403) 456-6651 |
AAIA Ontario
27, Griselda Cr.
Scarborough, Ontario M1G 3P5
Téléphone : (416) 439-8616
Télécopieur : (416) 439-5025 |
AIAA Québec
172, Ch. Andover
Beaconsfield, Québec H9W 2Z8
Téléphone : (514) 694-0679
Télécopieur : (514) 694-0679 |
AAIA Atlantic
20, South Road
Doaktown, Nouveau-Brunswick E0C 1G0
Téléphone : (506) 365-4501
Télécopieur : (506) 365-4501 |
Anaphylaxis Project of
AAIA
Ontario
Téléphone : (416) 785-4684 |
Allergy/Asthma Association of
Alberta
525, 11th Avenue S.W.
Bureau 208
Calgary, Alberta T2R 8C9
Téléphone : (403) 263-7561 |
Food Allergy Network
4744, Holly Avenue
Fairfax, VA. 22030-5647
Téléphone : (703) 691-3179
Télécopieur : (703) 691-2713 |
Ontario Allergy Society
2, Demaris Avenue
Downsview, Ontario M3N 1M1
Téléphone : (416) 633-2215 |
Ontario Allergy Society
2, Demaris Avenue
Downsview, Ontario M3N 1M1
Téléphone : (416) 633-2215 |
Association des Allergologues et
Immunologues du Québec
2 Complexe Desjardins, porte 3000, CP 216
succ. Desjardins, Montréal, Qué. H5B 1G8
Secrétariat: tél: (514) 350-5101
Télécopieur: (514) 350-5151
Télécopieur: (514) 350-5151 |
Fondation canadienne Medic Alert
250, Ferrand Drive
Bureau 301
Don Mills, Ontario M3C 2T9
Téléphone : (416) 696-0267
Télécopieur : (416) 696-0156 |
Fondation canadienne
Medic Alert
250, Ferrand Drive
Bureau 301
Don Mills, Ontario M3C 2T9
Téléphone : (416) 696-0267
Télécopieur : (416) 696-0156 |
Auteurs:
MILTON GOLD, M.D., FRCPC, professeur adjoint de pédiatrie,
Université de Toronto; Service d'Immunologie et d'allergie, the Hospital
for Sick Children, Toronto, Ontario.
GORDON SUSSMAN, M.D., FRCPC, FACP, président, Société
canadienne d'allergie et d'immunologie clinique, professeur adjoint,
Université de Toronto; chef, service d'allergie, département
d'immunologie, Wellesley Hospital, Toronto, Ontario.
MICHAEL LOUBSER, M.B. BCh, FCP(SA), professeur adjoint
de pédiatrie, Université de Toronto; Service d'Immunologie et d'allergie,
The Hospital for Sick Children, Toronto, Ontario.
KAREN BINKLEY, M.D., FRCPC, chargé de cours,
Université de Toronto; Service d'allergie, St. Michael's Hospital,
Toronto, Ontario.
Collaborateurs:
MEGAN BOYES Coordinatrice régionale, Association d'information sur
l'allergie et l'asthme.
ZAVE CHAD, M.D., FRCPC, professeur agrégé de clinique
de pédiatrie, Université de Montréal, Québec.
DAVID CROSS, M.D., C.M., FRCPC, spécialiste en allergie
et immunologie clinique, Calgary, Alberta.
SUSAN DAGLISH. Directrice administrative, Association
d'information sur l'allergie et l'asthme.
JERRY DOLOVICH, M.D., FRCPC, professeur de pédiatrie,
Université McMaster, Hamilton, Ontario.
MICHEL DROUIN, M.D., FRCPC, chef, Service d'allergie,
Hôpital général d'Ottawa; professeur adjoint de clinique de médecine,
Université d'Ottawa, Ottawa, Ontario.
ALEXANDER FERGUSON, M.D., Ch.B., FRCPC, professeur de
pédiatrie, Université de Colombie-Britannique; Service d'allergie, BC
Children's Hospital, Vancouver, Colombie-Britannique.
BETH GOLDSTEIN, Membre du Conseil d'administration,
Ontario Anaphylaxis Project, Association d'information sur l'allergie et
l'asthme.
MARY HOCKIN Présidente, Association d'information sur
l'allergie et l'asthme, London, Ontario.
DAVID HUMMEL, M.D., FRCPC, professeur adjoint de
pédiatrie, Université de Toronto; Service d'Immunologie et d'allergie,
Hospital for Sick Children, Toronto, Ontario.
ARTHUR KAMINKER, M.D., FRCPC, président, Association
d'allergie de l'Ontario, département de médecine, Toronto East General
Hospital, Toronto, Ontario.
AUBERT LAVOIE, M.D., FRCPC, chargé de cours,
Université Laval; Service d'Immunologie-Allergie, département de
médecine, Centre hospitalier de l'Université Laval, Québec, Québec.
ERIC LEITH, M.D., FRCPC, chef, département de médecine,
Oakville-Trafalgar Memorial Hospital, Membre actif du département de
médecine, Women's College Hospital; chargé de cours, Département de
médecine, Université de Toronto, Toronto, Ontario.
DEENA MANDELL, Membre du conseil d'administration,
Ontario Anaphylaxis Project, Association d'information sur l'allergie et
l'asthme.
KEITH PAYTON, M.D., FRCPC, chef, Clinique d'allergie et
d'asthme, St. Joseph's Health Centre; professeur de médecine, Université
Western Ontario, London, Ontario.
HUGH A. SAMPSON M.D., professeur de pédiatrie, Johns
Hopkins University school of Medicine, Baltimore, Maryland.
LAWRENCE B. SCHWARTZ, M.D., PhD., professeur de
médecine, Head of Allergy and Clinical Immunology, Medical College of
Virginia, Richmond, Virginia.
DONALD STARK, M.D., FRCPC, professeur agrégé de
clinique, Université de Colombie-Britannique, Vancouver,
Colombie-Britannique.
PETER VADAS, M.D., Ph. D., FRCPC, FACP, directeur,
clinique régionale d'anaphylaxie, Service d'Immunologie, Département de
médecine, The Wellesley Hospital, Toronto, Ontario.
WADE WATSON, M.D., FRCPC, professeur, service
d'immunologie et d'allergie, Department of Pediatrics & Child Health,
Université du Manitoba, Winnipeg, Manitoba.
MARTHA WEBER, Présidente, Ontario Anaphylaxis Project,
Association d'information sur l'allergie et l'asthme.
JOHN W. YUNGINGER, M.D., professeur de pédiatrie, Mayo
Medical School.
BARRY ZIMMERMAN, M.D., FRCPC, membre, Centre de l'asthme,
Toronto Hospital/Western Division, Toronto, Ontario.
© Première écriture: Août 1996 |